08 septembre 2005

B

Oui, bien sûr, la joie évidente de toutes choses…
Mais ce n'est pas ça que je voulais dire.
?
Non, rien.

Ça y est je me souviens et c'est le contraire,
l'ennui de toutes choses,
On se fait des illusions et c'est la marque de la jeunesse,
et puis un jour ce n'est plus possible,
et on découvre le prodigieux ennui,
les prodigieux ennuis :
L'ennui évident d'être un homme.
L'ennui d'avoir des enfants et de les élever dans la mascarade sanguinolente de nos sociétés avancées, pour rien, dans l'illusion apprise, l'illusion à transmettre.
L'ennui d'un métier.
L'ennui de se battre chaque jour.
L'ennui des scènes de ménage, des disputes domestiques. Ça met un peu de piquant dans la vie, évidemment, dans un premier temps on se dit ça, c'est dans l'évolution normale des choses,
mais au bout du compte après quelques années d'orages et de tempêtes, il ne reste que l'ennui de ces batailles inutiles.
Ennui du passé, ennui qui s'accumule, ennui né de ces fureurs amères, de ces haines mal assouvies, et pour couronner le tout l'ennui de vieillir
et de mourir.
Et l'ennui de toutes ces philosophies positives, ces clichés désabusés que l'on se transmet comme des talismans, pour tenir le choc, pour se persuader que ça ne va pas mieux chez le voisin, que tout est normal,
l'ennui que distille cruellement la vie.

Posté par deborge à 11:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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