25 octobre 2005

F

Oh maman, pourquoi tu ne m'aimes pas ?

Pourquoi ne me comprends tu pas ? Pourquoi n'es tu pas avec moi comme les autres mères sont avec leurs filles ? Tu te moques de moi, tu me méprises, tu m'en veux pour quelque chose, je ne sais pas quoi.

Je croyais être libre, je croyais que maintenant tu ne pouvais plus m'atteindre. Maintenant des amis viennent à la maison, ils ne se tiennent pas bien, ils sont mal habillés, "ils ont l'air louche", mais tu n'oses rien leur dire. Je fais mes quatre volontés, après tout maintenant je suis grande,et tu en as vu défiler des mecs ici. Ça te dégoûtes mais tu n'as plus la force de réagir, tu sais que je peux toujours faire pire. Tu as peur, tu as peur de moi et tu as peur pour moi, tu te rends compte que je me perds, que je suis perdue. Mais tu ne vois que j'ai toujours été perdue, livrée à ta folie. Maintenant ta folie te revient, celle que tu n'as pas voulu voir, celle que tu as dissimulée tant bien que mal à toutes les personnes importantes pour toi , celles qui te font vivre. Je ne parle pas de papa, bien sûr, depuis le temps que vous vous détestez. lui, il est en dehors de la course, de temps en temps il pique une colère, de temps en temps il cherche une complicité avec moi, qu'il ne trouvera jamais, qui n'a jamais existé. Tout cela ne masque pas sa radicale indifférence à ce que toi et moi nous pouvons vivre… livrées à nous même, dans un face à face qui continue, invisible, bien que souvent je ne sois pas à la maison, bien que souvent quand j'y suis nous ne nous voyons pas, enfermées chacune à un bout du petit appartement… Oui, je m'en veux, j'aimerais un autre contact, j'aimerais je ne sais quoi. J'aimerais que la folie tourne ailleurs, un peu plus loin de nous, j'aimerais un répit mais dans ton aveuglement tu ne trouves pas la force de comprendre ça, dans ta folie de reconnaissance tu oublies ça, et tout ce qui compte c'est tous ces types qui te tournes autour, à qui tu fais les yeux doux… À ces moments là je suis une tare, comme pour papa je suis un poids et il n'y a plus rien à faire, que de me tourner vers ma folie ma souffrance, et je me venge comme je peux… Cendriers trop remplis, draps tachés de sang, la crasse qui s'accumule, cette nuit encore j'ai erré dans les rues les squats, tu ne m'as pas vue arriver, la chanson de la folie, de la mort, de la solitude dans ma tête. Dépêche toi, il est encore temps, tu peux encore me trouver, j'ai besoin de toi, j'ai besoin d'exister dans tes yeux, j'ai besoin que tu me voies telle que je suis, j'ai besoin que tu me laisses…

Posté par deborge à 16:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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