22 avril 2005

C

Peut-être le vieillard va-t-il accoucher d'un homme nouveau.Et peut-être les choses maintenant sont-elles plus simples.Je me souviens de ces paroles définitives qui ouvrent le monde.Je me souviens de ces vieillards transis.Sûrement le vertige n'est-il jamais plus grand que devant la toile blanchela page blanche ou la neige blanche,la fin totale de toutes les distractions inventées.Peut-être l'enfant que je porte en moi va-t-il venir – Silence.La vie est dans le vieillardet la vieillesse dans l'enfance.Viennent à moi ces langueurs... [Lire la suite]
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25 avril 2005

C — Pub

Alors comment vont mes parisiens ? / Pas très bien, ils me font mal au coeur, ça ne va pas aujourd'hui. / Bousculades, tension, traits tirés, courses, presse, éclairage lunaire. Le soir je rentre dans ma province, la journée a été fatigante, je grignote quelque chose, à la télé il y a une émission sur la pub. Ce qui s'organise autour de nous et en nous, ce qui est humain, et un peu plus, un peu au delà ? Ce qui va vers un but (?) que nous ne comprenons pas et qui nous échappe.À moins que ce but ne nous comprenne, et nous... [Lire la suite]
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29 avril 2005

C — Souvenirs

  Quand on passe la barrière de M***, brusquement le paysage devient plus montagneux. Ou plutôt on réalise soudain que le pays est maintenant montagneux. On n'avait pas fait attention aux accidents du relief, aux lointaines collines qui se profilaient à l'horizon, doucement approchantes. L'horizon maintenant se ferme, brusquement il vient vers vous, de grasses collines sombres vous regardent et les nuages gris et immobiles sont comme leur reflet, au dessus d'elles... Ce n'est plus la plaine, mais c'est encore le même pays,... [Lire la suite]
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01 mai 2005

C

Rivages lointains, jolie chanson.Te souviens-tu de cette grise matinée,et la présence et la pulsation de la mer silencieuse,la mer éteinte.Je cheminais avec elle, rêves de rubans, plage défaite,comme un lit au matin.J'aurais tout aimé d'elle, comme la vie en un éclair,et ses gémissements, et ses plaintes,ses prières, et aussi son indifférence.Gentille vague, tu me prendras, tu me noieras.Et avec les méduses, les sables salis, les coquilles délavées,avec les milliers de bulles et cette bave livide,je voguerai avec l'inconscience d'un... [Lire la suite]
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20 mai 2005

C

Déjà dix jours que je suis enfermé ici… Ça va bien, puis ça va mal. Toujours l'angoisse qui vous pousse, qui vous aiguillonne… Mais là elle pousse un peu, la vieille compagne… Encore un verre de liqueur… Une liqueur à deux balles, que je me suis achetée à l'épicerie du coin… Qu'est-ce que j'attends, au juste ? Il me semble que je pourrais m'en souvenir, au moins, mais ces dix jours se confondent, prolongent de façon dérisoire ces dix dernières années, dix années que je traîne. On agit, on est agi… En fait c'est pour rien.... [Lire la suite]
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24 mai 2005

C — Réminiscences

Le saint en prière sur le montC'est peut-être moiLe pendule, le clocherLa voiture qui file dans la campagnePremière sortie le vélo les arbres dans la brumeDes jours de pluie, des sortilègesLe couloir – carrelage sonoreMais pas de regretMaintenant la forêt qui se découpe sur le bleu du cielL'air est léger, le vent insisteToujours dans les murmures et les gravesComme une respirationVoilà le caillou – de la terre attachée et qui colle au doigt ?Non, tout sec, et un autre plus petit pour l'accompagnerÇa n'a qu'un temps – le vol des... [Lire la suite]
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09 septembre 2005

C

Apprenez à vivre,doux amants de ce doux village.Apprenez à mourir,sombres amants de ces sombres rues.Partez pour l’enferet le ciel et toutes ses avenues.Partez, montez sur l’arc-en ciel,le sombre bateau du couchant vous ramènera.La vieille qui siffloteVous attend au pied de l’avenue.Sous ce tilleul bien aimé,Viens t’asseoir auprès de moi ma bien aimée.La vie est une cabrioleloin derrière la colline.Elle apporte l’ennui et le désespoir,mais peut-être aussi un matinplein de promesses et de prières.Apprenez la vie,amantes de mon... [Lire la suite]
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12 septembre 2005

C

Peut-être ai-je bien fait de choisir une vie simple, une vie que je veux plus simple. J’étais dans des trucs compliqués, les relations, les susceptibilités, les connaissances, ma « carrière », mon « message » ! Allo, tu m’entends ? Par-dessus la nuit des voix se répondent, des voix se cherchent, entends-tu la mienne ? Brusquement la vie était devenue trop réelle, trop ample, il y avait trop de choses. Par exemple ces spectacles d’opéra, ces voix qui sont plus que des voix, beaucoup plus que ce que l’on peut entendre, une... [Lire la suite]
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17 octobre 2005

C

Un an , un an bientôt s'est écoulé. Je tiens ma promesse, je reviens. Je vais quitter, presque à regret, ce triste pays de M***. J'ai accompli ce que je voulais, j'ai abandonné une vie qui ne me convenait plus. Ici je n'ai pas cherché à me faire connaître, je n'ai pas cherché à trouver une place, je me suis toujours senti en transit, en voyage. Et les gens, très discrets, très gentils, ont respecté mon besoin de solitude. Je reviens vers toi. Je n'appréhende pas que tout le monde m'ait oublié. Je le souhaiterais presque.... [Lire la suite]
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